Ce n’était un mystère pour personne que François Hollande, qui quittera ses fonctions de premier secrétaire du PS lors du prochain congrès du parti en novembre, ne s’interdit rien pour l’avenir. Il le dit avec plus de précision dans un dialogue avec neuf Français publié aujourd’hui par « Paris-Match » : « Pour l’élection présidentielle de 2012, il y a plusieurs personnalités possibles, j’en fais partie, je ne m’exclus pas », déclare-t-il. Si ces propos ne surprendront pas les socialistes, reste à savoir si le moment était approprié pour les formuler. Cela fait plus de dix jours que François Hollande appelle tous les ténors du PS à jouer « collectif » et à ne pas laisser libre cours à leurs ambitions personnelles en se lançant dès maintenant dans la course à sa succession à la tête du PS.

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Les candidats à la succession de François Hollande à la tête du PS rongent leur frein en attendant le congrès, lui ne « s’exclut pas » pour 2012.

Alors que le Parti socialiste a entériné mardi le calendrier de son premier secrétaire, fixant le congrès en novembre, les ténors du parti tentent de refréner leurs ambitions personnelles pour la jouer collectif. Mais entre les candidats à la succession de François Hollande au poste de premier secrétaire et ceux qui pensent déjà à 2012, ou aux deux, la course de fond à déjà commencé.

Interrogé mercredi par l’agence Reuters sur des propos tenus aux lecteurs de Paris Match, François Hollande, renforcé par les victoires du PS aux municipales et aux cantonales, s’est déjà positionné pour la présidentielle. « Ils m’ont dit qu’est-ce que vous allez faire après premier secrétaire ? Ils m’ont demandé si j’étais candidat (à la présidentielle). J’ai dit « il y a plusieurs personnalités socialistes qui peuvent être candidats mais je ne m’exclus pas », a expliqué le dirigeant socialiste.

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Au moment où la présidente du conseil régional Poitou-Charentes avance les manoeuvres de préparation de son offensive sur la direction du parti, le nouveau président du conseil général de Corrèze lâche, dans Paris Match, l’air de ne pas y toucher, qu’il “ne s’exclut pas” de la candidature à l’élection présidentielle de 2012. Les connaisseurs apprécieront au passage, dans cette litote d’un classicisme impeccable, ce que la rhétorique du premier secrétaire doit à celle de son ancien mentor Lionel Jospin, spécialiste du “je ne m’interdis rien” et autres “si je suis en situation”.

Bien qu’elle affirme effrontément ne pas “s’occuper” de 2012, Ségolène Royal ne travaille à rien d’autre qu’à rallier de nouveau les socialistes, quand le moment viendra, à sa candidature à l’Elysée, en remédiant aux défauts qui ont causé son échec en 2007 et en devenant, pour commencer, chef d’orchestre de la modernisation de son parti. François Hollande, lui, contrôle les mécanismes de convergence des socialistes en vue de cette modernisation. L’une a la stature que lui donnent sa campagne de 2007 et les 47 % de Français qui ont voté pour elle. L’autre n’a pas de rival dans la gestion, à son avantage, des rapports de force internes. Et il peut maintenant se prévaloir des succès remportés aux élections municipales et cantonales.

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Hollande tire à boulets rouges sur l’exécutif, en ciblant Fillon.
M. Hollande, qui doit quitter la tête du PS mais entend bien jouer un rôle de premier plan dans la perspective de la présidentielle de 2012, a aussi ironisé sur les relations entre Nicolas Sarkozy et François Fillon en feignant de s’étonner que la “promotion de Xavier Bertrand” à l’UMP soit “quasiment présentée par l’entourage du président comme une façon de contrôler le Premier ministre”.

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Candidats: - - - - -

L’ancien Premier ministre Michel Rocard se prononce dans une interview devant être publiée mardi par La Provence pour la désignation à la tête du PS d’un “premier secrétaire intérimaire” qui ne sera pas candidat à la présidentielle en 2012.

“Si nous prétendons, dans la situation où nous sommes, commencer par la désignation du candidat à la présidentielle, on est sûr que le bombardement médiatique quotidien le ou la tuera. Il nous faut un premier secrétaire intérimaire, qui n’ait pas la vocation d’être celui qui affrontera Sarkozy en 2012. Et il faut le nommer, à mon sens, à l’automne 2011, pas avant”, déclare-t-il.

Pour lui, “ça exclut Dominique Strauss-Kahn, Bertrand Delanoë et Ségolène Royal”.

“Il ne faut pas faire de notre prochain premier secrétaire, un candidat. Ça suppose de lui donner un rôle plus modeste, plus restreint”, ajoute-t-il.

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Candidats: - -

“Il faut aussi un leadership fort” au Parti socialiste, a estimé dimanche soir le député-maire d’Evry Manuel Valls, affirmant que le prochain Premier secrétaire devra être le candidat à l’élection présidentielle 2012. Il a jugé que Ségolène Royal et Bertrand Delanoë avaient “sans doute, les deux, cette capacité”.

“Dans le cadre des institutions qui sont les nôtres, dans le monde tel qu’il est, face à Nicolas Sarkozy, à quatre ans de l’élection présidentielle, on a un besoin d’un leadership fort et pas d’une énième candidature pour gérer le Parti socialiste”, a déclaré le député de l’Essonne lors du “Grand Jury” RTL-LCI-Le Figaro. “Sans leadership fort, il n’y a pas de rénovation possible”.

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La position de Manuel Valls sur ce sujet se rapproche de celle de Bertrand Delanoë, qui plaide pour “un vrai Premier secrétaire”. Le maire d’Evry a également estimé que le futur patron du PS devra être le candidat à l’élection présidentielle de 2012.

“C’est ce qui s’est fait à chaque fois, avec François Mitterrand comme avec Lionel Jospin. Et ce dernier n’avait pas tort d’écrire dans un livre sévère, mais parfois juste, que François Hollande aurait dû se saisir de cette candidature comme Premier secrétaire”, a-t-il expliqué.

Sur ce point, Manuel Valls est en désaccord avec Julien Dray, candidat au poste de Premier secrétaire, qui estime que le prochain patron “ne doit pas être candidat à l’élection présidentielle” mais doit “avoir à coeur (…) de faire muter” le parti.

Toutefois, il a souligné que “Ségolène Royal, à travers la campagne interne pour la désignation de notre candidat à l’élection présidentielle, a fait bouger les lignes”.

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